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Chaque année, le montant des loyers augmente, entrainant avec lui une hausse du coût des aides pour l’Etat. Première impactée, l’aide personnalisée au logement qui cette année, ne profitera pas des effets de l’inflation. Un nouveau manque à gagner pour les ménages les plus modestes après la baisse de 5 € de l’année dernière.

APL : des aides qui coutent cher à l’Etat

Instaurée en 1977 en France, l’aide personnalisée au logement (APL) a pour but d’encourager l’accès au logement aux ménages les plus modestes. Son montant est fixé en fonction du bien, de sa situation géographique, de la composition du foyer et de ses ressources. L’allocation est versée mensuellement par les caisses d’allocations familiales (Caf) et supportée par l’Etat.

En 2016, l’APL a couté près de la moitié du budget du ministère du logement, soit 8,4 milliards d’euros. Un chiffre qui a presque été multiplié par 4 depuis les années 80. Alors que le Gouvernement fait la chasse aux dépenses, une première baisse des APL en octobre dernier a fait grand bruit. 5 € en moins par ménage et ce sont près de 11,9 millions économisés par mois.

Pas de revalorisation des APL cette année

 
Extrait du projet de loi des finances 2018 : « L’indexation au 1er octobre des paramètres du barème de l’aide personnalisée au logement, de l’allocation de logement familiale et de l’allocation de logement sociale, prévue respectivement au troisième alinéa du 3° de l’article L. 351-3 du code de la construction et de l’habitation, au deuxième alinéa de l’article L. 542-5 et au troisième alinéa de l’article L. 831-4 du code de la sécurité sociale, n’est pas appliquée en 2018 ».
 

Alors que c’était jusqu’à présent toujours le cas (sauf une fois en 2012), l’aide personnalisée au logement ne va pas être réévaluée à la rentrée. Habituellement, cette aide est ajustée par rapport à l’indice de référence des loyers (IRL), lui-même dépendant de l’inflation des 12 derniers mois. Cette année, l’IRL est de +1,8%. Un chiffre en hausse qui aurait permis aux ménages de percevoir mensuellement 4,68 € de plus en moyenne. Il ne s’agit donc pas d’une baisse mais d’un manque à gagner pour de nombreux ménages, notamment les plus modestes dont la part allouée est la plus élevée.

   

Logement : coup de rabot sur la dépense publique

L’Etat justifie cette mesure, tout comme les 5 € déjà supprimés l’an dernier, par un constat alarmant de la Cour des comptes. Chaque année ce sont 40 milliards d’euros qui sont consacrés à la politique de logement du Gouvernement. Un chiffre important dont les résultats ne semblent pourtant pas à la hauteur. Des économies seraient donc réalisables.

Le Gouvernement entend ainsi réduire de quelques 1,7 milliards d’euros ses dépenses liées au logement tout en veillant à maintenir le cap sur sa politique : conserver le pouvoir d’achat des ménages et veiller à ce que les plus modestes puissent se loger décemment.