13 février 2019

Après une année 2018 en progression, le besoin de recourir au prêt immobilier semble marquer un arrêt. Pour la première fois depuis plusieurs années, la part des ménages envisageant de contracter un crédit immobilier dans les prochains mois est, en effet, passée sous le seuil des 5 %. Une situation qui pourrait toutefois s’apparenter à un attentisme, et se déverrouiller dans les prochains mois.

Baisse du nombre de crédits contractés en 2019, et diminution de la part des primo-accédants

En janvier 2016, quelque 5,4 % des Français prévoyaient de recourir à un prêt bancaire pour financer tout ou partie d’un achat immobilier. Si l’année 2018 est, quant à elle, restée stable, les prévisions pour l’année 2019 sont en revanche revues à la baisse. Ainsi, seuls 4,2 % des ménages pensent contracter un crédit immobilier cette année. Une tendance jamais observée depuis les années 80.

Ce chiffre à la baisse illustre une autre tendance, celle de la perception qu’ont les Français de leur budget. 37,5 % d’entre eux avaient le sentiment que leurs finances se dégradaient en 2017, contre 45,7 % un an plus tard.

La part des jeunes acquéreurs est également en chute libre, signe de la perte de dynamisme du marché. Le pourcentage des primo-accédants parmi les emprunteurs est ainsi de 5 points inférieur à ce qu’il représentait il y a un an.

Baisse du nombre de crédits immobiliers : la prudence des ménages

Malgré cela, les professionnels du secteur entretiennent un certain optimisme. 15 % des ménages prévoient en effet de concrétiser un projet immobilier dans les prochains 24 mois, sachant que 90 % des Français ont habituellement recours au prêt bancaire pour réaliser ce type d’acquisition.

Qui plus est, plus qu’une véritable tendance, ce début d’année pourrait simplement être le signe d’une certaine prudence. Les ménages doivent en effet faire face à de nombreuses incertitudes concernant leurs finances.
À la baisse des aides publiques à l’acquisition, viennent en effet de s’ajouter la suppression du dispositif Pinel pour une partie des zones, l’entrée en vigueur du prélèvement à la source, ainsi que plusieurs questions sans réponses concernant la probable disparition de la taxe d’habitation. Quant à la hausse des prix de l’immobilier, elle est depuis quelques mois compensée par les taux bas, mais jusqu’à quand ?

Il faut dire que le contraste est grand. L’année 2018 avait été une année de progression du marché de l’immobilier, atteignant même des records inégalés depuis le début des années 2000. Le taux de détention du crédit immobilier avait atteint 31,4 % contre 30,8 % l’année précédente. En comparaison, ce taux était de 23,6 % durant l’année 2000. Qu’en sera-t-il réellement en 2019 ? Réponse dans quelques mois.

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